03/08/2017

Mais quel 1er août pourri!

 

Cela fait quelques années que je constate qu’à l’approche de notre fête nationale, les réseaux sociaux fleurissent de propos polémiques.  Chaque année, nos amis de gauche et d’extrême gauche nous tartinent leur mur d’explication sur le pourquoi le sentiment patriotique est mauvais, que notre drapeau ne va pas et que notre hymne est désuet. Dans le coin droit si j’ose dire, on affirme exactement le contraire, seul notre drapeau est beau, y en a pas d’autres qui sont meilleures que nous et il est urgent de construire un mur autour des frontières. Ils font également preuve d’une mauvaise foi intellectuelle en prenant Guillaume Tell et le serment du Grütli pour des faits historiques et non des légendes.  

 

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Dans ce contexte, il est difficile d’exister quand on est profondément attaché à son pays sans pour autant rejeter les autres. Mais je m’étais habitué. Chaque année, à cette période, je publie moins. Je lis moins et j’interviens moins. 

Pourtant cette année, je dois dire que tout ce cirque va trop loin. J’ai donc décidé de pousser un coup de gueule. 


 

Commençons par rappeler ce qu’est le 1er aout. Le 1er août est une date arbitraire décidée en 1891. Elle a été choisie suite à la découverte dans les archives de Schwytz d’un pacte signé cette même année au début du mois d’août. On a alors dit qu’il pourrait s’agir du serment du Grütli, même si selon la légende, ce serment avait été prêté en 1307. Cette fête est l’occasion de célébrer les valeurs qui ont fait de notre pays une réussite exemplaire. Mais quelles sont ces valeurs? C’est là une vaste question . La liberté, la démocratie, l’unité nationale, l’ouverture, etc. en font sans doute partie. Ce qui veut dire en version courte que nous célébrons le fait de vivre ensemble depuis 200 ans (oui 202 exactement et pas 700 et des brouettes). Le fait d’avoir construit un modèle démocratique sans égal et un îlot de prospérité, de stabilité et de sécurité dans un monde de plus en plus compliqué. C’est cela que nous célébrons. 

Sauf que cette année, c’est parti en vrille. Pour commencer, la ville de Genève a eu l’idée d’organiser la fête nationale, conjointement avec le Bénin. Pays ami de la suisse de longue date et surtout exemple, lui aussi de démocratie et de vivre ensemble sur un continent ou cela est bien moins évident qu’en Europe et qui, hasard du calendrier, fête sa fête nationale en même temps que notre chère partie. Cette fête s’annonçait donc sous le signe de l’ouverture, de la richesse culturelle, etc. Quelque chose de somme toute normal dans une ville qui compte plus de 180 nationalités dans sa population. Oui, mais c’était sans compter sur un petit groupe de réactionnaires qui a lancé une pétition (depuis retirée). Cette pétition à un an des élections a fait mouche. Même pas 500 signatures, mais néanmoins un article dans le 20 minutes. Journal servant d’agence Reuters pour les partis populistes comme chacun le sait. À la lecture de cet article s’en est suivit communiqués et autre déclarations plus nauséabondes les unes que les autres et qui se sont naturellement terminée avec des contre vérité et autre blabla… À un an des élections, le parti des MéContents Genevois s’est une fois de plus illustré par son ignorance et sa haine pathologique de l’autre. Ces réactions furent si grotesques que c’est le seul mouvement qui a hurlé. Je mets cette action sur le compte d’un chant du cygne. Il est en effet probable que ce parti prenne une gifle l’an prochain et que Genève redevienne paisible jusqu’à la prochaine augmentation des contraventions. 

Dans le coin opposé, Ada Marra… Ada Marra qui a su au fils des années, créer un personnage presque sympathique et que l’on ne peut attaquer sans passer pour un monstre. Oui, mais Ada Marra est loin d’être une novice en politique. Sa communication est réfléchie, étudiée et comme votre serviteur, elle ne publie jamais rien qui n’a pas de dessein precis. Madame Marra, cette année porte de drapeau des symboles pseudo anti patriotique. Elle publie un texte aussi compliqué a comprendre qu’un poème de Lovecraft sous acide, prétendant que la Suisse n’existe pas blablabla… Madame Marra croit-elle vraiment que la Suisse n’existe pas? Je ne pense pas… Il reçoit d’ailleurs chaque année 120’000 raisons de croire que la Suisse existe de par sa fonction à Berne. Non, Madame Marra n’y croit pas vraiment à son texte. Par contre, elle sait qu’il fera polémique. Elle sait qu’elle sera conspuée, insultée de manière intolérable et ainsi, elle sera invitée a en parler, dans les journaux, à la télé, etc. Elle pourra ainsi montrer à quel point ceux qui ne sont pas d’accord avec elle sont des monstres misogynes vulgaires, etc. Elle pourra ainsi, en montrant quelque poste purement scandaleux, jeter le discrédit sur l’ensemble de ses opposant. Soit vous êtes d’accord avec elle, soit vous êtes un monstre.  Cette méthode ne vous rappelle rien? Mais si, vous savez… Ceux qui ne veulent pas des migrants et qui vous montrent trois dealers et tentent de vous faire croire que tous sont comme ça… C’est la méthode UDC, mais aussi, désormais la méthode Marra… C’est malheureux. 

Hier, 8’000’000 de personnes fêtaient une nation qui est prospère depuis longtemps. Une nation ou les choses se passent bien moins mal qu’ailleurs. Hier, nous nous sommes vus pour boire des verres, manger une raclette ou une fondue, écouter un discours parfois, débattre sur le nouvel hymne et pour regarder des feux d’artifice. Hier des enfants ont eu des étoiles des les yeux et des grands ont mis de coté les soucis du quotidien le temps d’une soirée en famille et entre amis. Mais hier, comme chaque année, quelques politiciens en fin de course et sans idée nouvelles ont tenté, une fois de plus, de récupérer la fête nationale pour faire parler d’eux. Le problème c’est que tous ont cherché le buzz et personne n’a amené d’idée. 

Il serait temps que ces gens quittent la politique.

 

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Commentaires

Pour le reste et à propos du fait de mieux vivre ailleurs (ce qui est vrai, quoique...) je citerai toujours notre éternel Martin Niemöller : "quand ils sont venus chercher les communistes...etc., etc.".

Buvons donc un bon verre et mangeons des raclettes, jusqu'au jour où...

Bien à vous

Écrit par : Jean Gowrié | 03/08/2017

Le Ier août de jadis voyait arriver vers les dix-sept heures, en entendant siffler le train... du côté de Vers l'Eglise près des Diablerets glacier non fondu les travailleurs car le jour de la Fête Nationale n'était pas férié.

Joie des retrouvailles.

Un modeste repas du soir, lampions allumés, drapeaux, cortège adultes et enfants... arrivée au centre du village.

On ne mangeait pas.

Feu, ainsi qu'au loin sur les montagnes... discours, chants(...) "les accents d'un cœur pieux... les accents d'un cœur pieux... émotion voire larmes aux yeux

Fin de la partie officielle.

Au loin lancer de quelques fusées, en arrivant, tout au début de la soirée, merveilleux Vésuves ... fontaines de lumières... petits soleils tournoyant... allumette de Bengale

(pétards chinois "impensables"... alors)!

Retour au chalet avec dessert de fête souvent glacé aux couleurs du drapeau, croix fédérale...


Gens amis... heureux.

Cœurs à l'unisson.

Écrit par : MB | 03/08/2017

MB, vous auriez même pu ajouter que cette fête nationale ne donnait pas lieu à un jour de congé. Les commerces et les services publics étaient ouverts, contrairement aux fêtes cantonales. Je parle là de ce que j'ai vécu de 1979 à 1992 avant de quitter la Suisse temporairement.

Entre temps, le gloubi boulga du mondialisme est passé par là, soutenu aussi bien par les partis de gauche que ceux de droite, les premiers par haine de soi, les seconds parce qu'ils considèrent l'être humain comme un élément interchangeable comme dans les machines.

Écrit par : G. Vuilliomenet | 04/08/2017

"Il serait temps que ces gens quittent la politique."

J'aime bien ce coup de gueule. Mais, à mon humble avis, il ne fait qu'effleurer les questions de fond qui consistent à tenter de comprendre où va le monde d'aujourd'hui et la place des nations dans ce schéma.

Et donc, dans la foulée, essayer de resituer le rôle du politique et de ses représentants.

Je pense que nous sommes bientôt mûrs pour nous débarrasser de cette clique qui ressemblent à des gamins dans une cour de récré et qui représente bien mal la sensibilité de leurs électeurs. L'échelon parlementaire doit disparaître au profit d'une démocratie véritablement directe et liquide, grâce à la technologie, le P2P et les chaines de blocs. Tous les élus devraient être monitorés en permanence et leurs performances évaluées sur la base de leur promesses électorales. Smartvote devrait être un outil disponible pour tous qui refléterait ce monitoring.

Sans transparence, le politique sera toujours l'objet de suspicions et les théories complotistes fleuriront.

Alors oui, virons les ces valets esclaves de l'économie mondialisée, mais seulement si nous sommes capables de proposer un outil plus performant et plus proches des sensibilités des gens.
Redonnons envie de participer, s'instruire et comprendre les enjeux. A défaut, permettons aux citoyens de véritablement déléguer leur voix à celui ou ceux en qui ils ont confiance sur un sujet donné et non un chèque en blanc pour une législature.

Écrit par : Pierre Jenni | 05/08/2017

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