10/03/2015

Déclassement du Golf de Cologny, arrêtons la farce!

Nous apprenions hier dans la presse que le Parti socialiste projette de déposer une motion pour déclasser le Golf Club de Genève en zone de développement. Cette parcelle de 429'719 m2 est actuellement en zone agricole. Le PS nous vend donc l’idée de construire à cet endroit, selon ses dires, 2’000 logements.

Une telle démarche ne va évidemment pas sans son lot d’interrogations.

Pourquoi cette parcelle ?

Pourquoi 2’000 logements seulement ?

Qui pourrait bien les construire ?

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À la question « Pourquoi cette parcelle? », nous pouvons répondre de plusieurs manières. Carole-Anne Kast, président du PS, argumentait hier soir sur mon mur Facebook que seule cette parcelle n’était pas soumise à la norme d’assolement car cette norme est réservée aux meilleures terres cultivables qui sont effectivement consacrée à l’agriculture. Admettons. Le fait est que d’autres terrains seraient bien plus appropriés, plus proches du centre ville, plus proches des transports en commun, etc. Mais pourtant, le PS s’attaque au Golf. Si le PS choisi cette parcelle, ce n’est en fait que par pure provocation. La gauche genevoise a montré ces dernières années, de par ses prises de postions dans toutes les votations, sa volonté de combattre les plus riches par tous les moyens à sa disposition. C’est bien dans ce but qu’elle a choisi le Golf, ce symbole d’une certaine société extrêmement riche, qui lui est insupportable.

Je ne sais plus qui m’a dit un jour, « Genève a la gauche la plus bête du monde ». Et bien aujourd’hui cela se vérifie. Hier soir, les dirigeants du Golf de Cologny déclaraient ne pas être inquiets par la proposition. Et pour cause ! A leur place, je ne le serais pas non plus ! Ce que le PS ne dit pas, c’est qu’aujourd’hui, selon l’OCSAT, la zone agricole dans la région de Vandoeuvres vaut dans les 4 francs le mètre carré. Cette parcelle vaut donc aujourd’hui 1'700'000 francs. En cas de déclassement, cette parcelle passerait au prix de la zone de développement fixé par de Grand Conseil. Soit 450 x ius (indice d’utilisation du sol). Si nous avons un ius de 1, ce qui est courant dans ce genre de zone, la valeur de la parcelle passerait donc à 190'000'000 de francs. On peut décemment qualifier cela de magnifique cadeau. À ce sujet, une candidate verte au Conseil municipal de la ville de Genève me proposait d’exproprier les propriétaires. Elle précisait même de le faire avant le déclassement de manière à éviter de payer le prix réel du terrain. On peut se poser la question de la moralité d’un tel raisonnement. Faire ainsi main-basse sur le bien d’autrui à un prix extrêmement bas en sachant que le prix va augmenter drastiquement serait une expropriation arbitraire et abusive.

Intéressant venant de la part des mêmes qui disent lutter contre les « magouilles » financières.

Dans son incohérence, le PS propose 2’000 logements. Allons au bout du raisonnement. Nous avons une parcelle d’un peu moins de 430'000 m2. Si nous avons un ius de 1 nous pouvons construire 430'000 m2 habitables. Si nous construisons 2’000 logements, nous arrivons à des logements d’une moyenne de plus 200 m2. Dans sa proposition, le PS parlait de logement à caractères sociaux. Je me demande comment il compte rentabiliser des logements de 200 m2 en conservant des loyers abordables aux foyers les plus modestes.  A moins bien sûr qu’il voit sur cette parcelle, une énième sous densification et par là même, faire perdurer ainsi la pénurie de logements.

Enfin, « qui construira ? ». Là encore, comme l’a très justement rappelé Carole-Anne Kast sur Yes FM, « nous n’en sommes pas là ! ». Effectivement, la question du jour est uniquement le déclassement. On peut d’ailleurs imaginer que la parcelle soit déclassée, que le Golf reste et que rien ne se fasse. Le Golf pourrait alors sans doute augmenter ses investissements. En effet, sa fortune étant augmentée, il disposerait sans doute de plus de crédits en nantissant son terrain. Néanmoins, je doute que le PS voie les choses ainsi. Je doute également que le PS envisage d’un bon œil qu’un promoteur privé mette la main sur cette parcelle et construise. Son dessein est sans aucun doute une expropriation. Mais soyons clairs, nous sommes dans un Etat de droit, l’expropriation ne se fait pas sans raison objective. Premièrement, il faudra justifier d’une utilité publique prépondérante pour la commune ou le canton. Ce ne sera pas chose aisée si l’on en juge par le nombre de projets bloqués actuellement et le nombre d’autre lieux moins saugrenus et bien plus adaptés pour ce genre de projets. Deuxièmement, la Loi sur l’expropriation pour cause d’utilité publique est très claire. Les articles 14 et suivants détaillent avec précision les indemnités dues au propriétaire exproprié. Il sera difficile pour l’Etat de contester une valeur de terrain qu’il a lui-même fixé. Il devra en plus indemniser le Golf pour la perte d’exploitation. Et là, le montant risque fort d’être bien plus élevé que les quelques 190'000'000 de francs calculé plus haut. Cette argent serait évidemment pris dans la poche du contribuable et ce, sans aucune garantie de rentabilité.

En clair, la seule chose qui ressort de cette proposition, c’est que nous sommes en année doublement électorale. Le PS continue sur son fond de commerce. Il continue à essayer de monter les gens les uns contre les autres. Le PS sait pertinemment que sa proposition n’a aucune chance d’aboutir. Pourtant, il la fait car il sait que le peuple a tendance à confondre déclassement avec construction. Il propose donc sciemment quelque chose d’irréaliste qui ne passera pas la rampe pour ensuite se mettre dans la position de victime qui voulait construire de jolis logements que le méchant camp bourgeois a refusé. Ne soyons pas dupes. Le Golf Club de Cologny, que l’on aime ou que l’on aime pas le golf participe au prestige et à la renommée de Genève au même titre que le Jet d’Eau, les musées et les organisations internationales. Il n’est pour rien dans le problème du logement et avant de s’occuper de cette parcelle, occupons-nous des Cherpines, de Veyrier, des communaux d’Ambilly et du PAV. Faisons preuve d’un peu de réalisme. Malheureusement, en matière de réalisme, le PS est en grève depuis longtemps.


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